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Actualité | mai du 1er au 15

Médine, "rappeur conscient"

Le café philo du collège Descartes a accueilli le rappeur Médine dans le cadre de la Semaine de la solidarité à Châtellerault. Retrouvez le texte intégral réalisé par la classe de journalisme.

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  • Edito de Meriam Medjahed
    Médine rappeur engagé qui s’était déplacé pour un café philo dans notre collège, a été mis en cause dans un article le lendemain pour avoir soi-disant dérapé sur l’affaire Merah….
    Rappelant les faits : Médine a été victime d’un article dans la Nouvelle République qui l’a accusé d’avoir tenu un propos « dangereux » sur l’affaire de Toulouse, or la vérité est que Médine intervenait dans le cadre d’une opération organisée par le centre social des Minimes en partenariat avec le collège : la semaine de la Solidarité dont l’objectif est de contribuer localement à la semaine national de lutte contre toutes les formes de discrimination et de racisme. Cette opération a été imaginée pour développer le « vivre ensemble entre les générations, les cultures par delà les différences ». Pour cela, elle multiplie les rencontres autour d’artiste engagés, comme Médine, afin d’alerter les consciences sur la nécessité d’une connaissance mutuelle si l’on souhaite vivre dans la paix et la solidarité… Est-ce- qu’il y avait danger de faire un café philo sur ce thème et en particulier pour que les religions se connaissant mieux ?
    Les dégâts
    Présente seulement pour rapporter les faits qui se sont déroulés au collège, avant que la journaliste ne parte du café philo, rien ne laisser paraître qu’un tel article sortirait le lendemain. Mieux, lorsque Médine l’avait saluée en lui disant « Au revoir madame », elle lui avait répondu d’un air amical « Madame ? Ne m’appelez pas madame mais Magalie ». Alors, tous pensaient que le message de paix entendu pendant le débat avait été entendu par tout le monde. S’apprête-t-on à écrire un article mettant en cause gravement une personne, alors que l’on salue amicalement cette personne en l’invitant à l’amitié ?  
    L’article qui est paru, n’a servi qu’à mettre en péril une entreprise de longue haleine, tant du côté du Centre Social des Minimes, qu’au collège et dans la ville. En laissant sous-entendre qu’un propos dangereux avait été tenu dans ce cadre, il a jeté la suspicion sur les acteurs, sur l’opération, sur la structure d’un café philo en milieu scolaire. Ce sont des années de travail au service de la compréhension mutuelle qui ont été remises en cause en quelques instants. Est-ce-que l’on peut publier un texte de cette portée sans consulter personne, sans demander les réactions des uns et des autres ? C’est la question qui est posée aujourd’hui…
     
  • Médine, "rappeur conscient", un article de Romaïssa Kerzazi
    K’eskon Attend ? a rencontré Médine, rappeur que beaucoup connaissent. Il était au café philo du collège Descartes, dans la cadre de la semaine de la solidarité à Châtellerault.
    Médine se définit comme « rappeur engagé et conscient ». Il a 29 ans, est originaire du Havre. Pour lui faire du rap et être conscient en faisant du rap, c'est avoir conscience de sa responsabilité, de l’influence qu’on a sur les gens. « En tant que rappeur, on peut influencer les gens, on rentre dans les chambres des ados par l’internet, le baladeur, les disques… On doit s’interdire d’être faux, on doit être sincère et s’informer pour mieux transmettre, » explique-t-il .Il faut donc être sincère dans les paroles, savoir un minimum de choses, être cultivé... C’est pourquoi ses disques traitent des sujets d'actualité mais aussi avec un angle historique.
    Médine vient d'un quartier sensible où il y a peu de moyen d'expression offerts aux jeunes. Lui et ses amis ont donc voulu faire du rap : « On a commencé à faire des textes et maintenant, on fait des tournées, on est des kiffers du rap ». Il évolue dans un collectif avec d'autre rappeurs, mais dans ses disques, il rappe seul ou bien il collabore avec d'autres personnes d’autres collectifs, mais c'est rare.
    Il explique que pour certains jeunes, c'est dur d'ouvrir un bouquin et de le lire en entier. Lui, il lit des bouquins pour s'inspirer et il essaie, dans les quelques minutes d’un morceau, de les mettre à portée, de donner un petit morceau de cette culture. Son slogan c'est : «On essaie de vulgariser l’intellectuel et d'intellectualiser le vulgaire ». Il est donc loin du rappeur qui fait peur, de celui qui attiserait les révoltes sans chercher les issues. Engagé depuis10 ans, il a comme autre slogan : « DON'T PANIC »…
    « Ne pas stigmatiser les musulmans »
    Il a commencé en écoutant ceux qu’il appelle ses pères en rap, des groupes comme NTM et IAM. Et puis il y a eu le 11 septembre 2001qui l’a touché personnellement. Et cette conséquence que désormais, l’Islam entier devrait porter ce traumatisme, que les musulmans seraient stigmatisés. ça a été une source d'inspiration pour lui, un motif d’engagement : donc il a dit ce qu'il pensait à travers son rap avec des textes traitant de l’islam et des musulmans. La tuerie de Toulouse a donc totalement bouleversé le rappeur : par son horreur, bien sûr, mais aussi parce que les médias ont tout de suite identifié le tueur comme musulman avant de le désigner comme criminel ou fou furieux : c'est rare de préciser qu’un tueur est un chrétien ou bien un catholique ou n'importe quelle autre religions. Ceci, avec tout ce que l’on raconte au sujet des musulmans, fait que, pour Médine, maintenant, les musulmans sont devenus les premiers ennemis. « ça me gêne profondément, c’est une façon d’exclure la communauté musulmane, de mettre une population en dehors des valeurs de la république, réveiller les vieux démons en cherchant à diviser les gens.  On essaie de faire peur, chercher des coupables, » regrette-t-il. « Mais on doit être serein, ne pas répondre à la provocation, rester digne. « C’est difficile, la stigmatisation peut être vécue différemment selon les gens, certains vont se sentir  en colère, d’autres vont avoir des choses à prouver, d’autres vont de sentir agresser… Parfois la religion peut avoir un rôle apaisant car elle canalise les égo ».
     
  • "Une journaliste de la NR dérape", un article de Romaïssa Kerzazi
    Notre rencontre avec Médine a fait l’objet d’un article dans la Nouvelle République avec lequel nous voulons dire notre complet désaccord. Sous le titre choc : « Affaire Merhad, un rappeur dérape au collège », ce journal a laissé penser que Médine aurait tenu un discours de haine, n’aurait pas condamné le meurtre. C’est tout le contraire qui s’est passé et cette rencontre a pu déboucher sur une meilleure connaissance des uns et des autres et un discours sans ambigüité de paix et d’ouverture. La journaliste était venue voir le café philo ; Médine devait parler de la bataille de Poitiers et de ses textes en rapport avec l'Islam dans la cadre de la projection future d’un film de Robert Genoud, documentariste qui parle du mythe d’un Charles Martel stoppant l’invasion des Sarrazins. La journaliste a tenu à venir sur le thème de la tuerie, a mal pris la mise en cause des médias par Médine. Elle a ainsi mal interprété tout le reste, tout ce qu'il a dit réellement. Elle a fait son titre, a rendu compte de la rencontre de manière erronée, a provoqué à Châtellerault de nombreuses questions plus que négatives . Nous, nous regrettons qu’elle nous ait joué avec notre confiance comme elle a caché son jeu avec notre invité. Au moment de se quitter, elle a salué Médine par ces mots « Au revoir. Médine ». Et quand il lui a répondu : « Au revoir madame », elle l’a repris, en « bonne camarade » : « Vous pouvez m'appeler Magalie »…

 

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